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GT : Comment est née l'idée de vuenville.com et d'où vient cet intérêt pour le milieu urbain ? D C-M : Ayant quitté mon nord natal pour travailler à Paris, je me suis retrouvé dans une ville qui a orienté ma démarche. Très vite la couleur s'est imposée, avec une thématique très orientée sur l'urbain, peu à peu les gens disparaissent de mes photos. Ma démarche photographique rend compte d'une exploration des non lieux, des lieux communs, des espaces désaffectés, abandonnés, en attente d'une nouvelle affectation, des espaces traversés uniquement, dilués dans la quotidienneté. Je pose mon regard sur des éléments tellement présents dans notre environnement de tous les jours, qu'ils ont fini par devenir invisibles, trop banals pour susciter l'intérêt d'un regard. Les photographier permet de leur redonner un cadre avec un parti pris esthétique très graphique, privilégiant les formes simples, géométriques, les cadrages frontaux. Ce qui me motive c'est dénicher ce qui fait repère dans la ville contemporaine et qui pourtant nous échappe. GT : Il y a dans vos photos une certaine poésie, "une originalité dans l'ordinaire", vous pouvez nous en dire plus ?D C-M : Le travail de Jacques Tati m'a beaucoup influencé. Dans ses films, notamment Mon Oncle et Playtime, la construction des images est minutieuse, formelle, les cadrages sont rigoureux, tendus par des lignes de force qui structurent le développement narratif. il y a toujours une fausse apparence de simplicité qui cache en fait un travail énorme de composition. Dans le cadre ainsi constitué, Tati introduit du jeu, au sens de dérèglement, le grain de sable dans une belle mécanique. Toute la poésie de ses films repose en grande partie sur ce ressort. Beaucoup de mes images repose sur ce principe construction/déconstruction. Dans la composition d'une image, je recherche toujours des grandes lignes de forces pour ensuite y introduir du jeu. GT : Comment definiriez vous votre courant artistique ? D C-M : Je n'ai pas le sentiment de faire partie d'un courant artistique bien défini. Mes thématiques sont celles de la photographie urbaine. Au delà de ce terme générique, mes influences sont multiples, elles prennent leur source dans la littérature, la peinture, le cinéma. GT : Quel est votre manière d'aborder un sujet ?D C-M : Mes lieux de prédilection sont absolument partout, ce sont des rencontres de hasard, sur des trajets quotidiens. Je me donne parfois la contrainte d'écumer une rue, y passer plusieurs heures, y revenir souvent, et tenter à chaque fois d'y découvrir quelque chose de nouveau. GT : Quelle place accordez-vous à la "post-production" ? D C-M : J'y accorde de plus en plus de place, notamment le travail sur la couleur. je n'affectionne pas particulièrement le rendu lisse et métallique des images qui ont une source numérique, je les retravaille dans photoshop pour leur donner un peu plus de "vibrations" ou retrouver des couleurs plus "vintage" en reproduisant les effets d'un traitement croisé par exemple. En revanche j'interviens rarement sur le cadrage, j'essaye de soigner la composition de l'image au moment de la prise de vue. GT : Avec quels materiels travaillez-vous ? D C-M : Mon appareil fétiche est un vieux petit Rollei 35T sans aucun automatisme, c'était l'appareil qu'utilisait Hervé Guibert et qui me faisait rêver. J'aime particulièrement le piqué des images, en outre il est tout petit, il m'accompagne partout. J'utilise également un appareil numérique, le canon EOS 20D avec un objectif canon 10-22mm qui est bien adapté aux sujets que je photographie. Je rêve d'acquérir un appareil Hasselblab moyen format.
GT : Comment envisagez-vous l'avenir ? Des projets ? D C-M : Cette année plusieurs de mes photos ont été publiées par Thames and Hudson dans un livre collectif (The fotolog Book) qui présente le travail de photographes non professionnels qui utilisent des blogs photos pour partager et diffuser leurs photos. Mon travail a également été projeté dans le cadre du festival international de la photographie à Lodz. Je compte mettre a profit l'année qui vient pour prendre des contacts et faire connaître mon travail auprès des galéristes et des maisons d'éditions. Je compte également participer à des concours. David Cousin-Marsy, 38 ans Né dans le nord de la France, vit actuellement à Paris. Pour en savoir + : http://www.vuenville.com Nombre de commentaires (0) - Ajoutez vos commentaires à cet article... Vous n'êtes apparemment pas autorisés à transmettre un commentaire. Veuillez vous connecter. |
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